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Corriger les postures de Hatha Yoga selon Eva Ruchpaul

- Tu ne corriges pas les postures ? Comment puis-je savoir si je fais bien ?

- Si ! Bien sûre ! Tout le temps !

Posons la question autrement : y-aurait-il une manière de bien faire ou de mal faire ? C’est notre conditionnement pétri de dualité (c’est bien / c’est pas bien) qui nous force à poser notre regard sur les choses de cette manière.

Aussi, je corrige toujours mais je ne touche pas. Tout cela se passe par imprégnation du modèle. Le propos d’Eva Ruchpaul n’est pas d’imposer les choses de l’extérieur. Dans mon expérience, bébé, j’ai porté un regard émerveillé sur le monde puis quelqu’un est venu m'indiquer ce qui était bien et ce qui n’était pas bien, quel comportement était acceptable et d’autres moins voire pas du tout. En grandissant, j’en ai même oublié de reconnaître ce qui était bon pour moi laissant le pouvoir aux autres de me le dire parfois même avec bienveillance (mes parents, mes enseignants, la société ... ).

Aussi, lorsque je vous propose de vous allonger sur le tapis, je porte l’espoir secret que vous puissiez retrouver ce chemin vers vous-même :  « Il n’y a que vous qui puissiez savoir ce qui est bon pour vous !!! ».

Bien sure, dans les premiers mois, vous avancez à tâtons, encore mal-habiles, vous allez gagner en compétences. L’apprentissage des postures, de l'écoute profonde, le déconditionnement vous prendra plus ou moins longtemps. Se mettre à son service demande de la patience et de la douceur face aux résistances.

En tant qu'occidentale, j'entretiens un rapport curieux avec mon corps. Lorsque cela tire, lorsque je ressens des courbatures c’est bien ! j'ai bien travaillé ! Or il ne devrait rester aucune trace des postures après une séance. Parfois, je devrais passer par l'expérience de me faire mal pour apprendre que je ne suis pas suffisamment à l'écoute de moi-même, de mes possibilités du moment ou simplement un moment d'inattention … et hop ! Aïe !

Ainsi, hormis risque de blessures pour la personne, je n’interviens pas, j’observe… Ce qui m'intéresse c'est votre compétence à vous entretenir avec vous-même. Corriger en période d’apprentissage reviendrait à poser une sorte d’empreinte avec laquelle vous sortiriez : « A un moment donné, j’ai mal fait ». De plus, dans mon expérience corriger le positionnement de l’extérieur n’apporte pas toujours la solution d'une meilleure compréhension de son schéma corporel. Chacun.e a son histoire par rapport à cela et pour certains il faut beaucoup plus de temps. Faites confiance aux neurones miroirs qui agissent sans vous !

Vous savez faire, il s’agit donc de retrouver ce potentiel. Comme Firmin la sauterelle !

Faîtes vous confiance ...

 

Des indications vous sont donnés au fil des séances pour affiner votre connaissance des postures. C’est pourquoi j’ai parfois le grand bonheur d’entendre un.e pratiquant.e venir me dire : « Tu ne l’avais jamais dit ! » Et de lui répondre : « Je le dis à chaque séance mais aujourd’hui tu l’as entendu... » 

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